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DESTOCK COLIS A TOULOUSE

Depuis mercredi 1er novembre, des centaines de colis non-distribuées sont mis à la vente par DESTOCK COLIS A TOULOUSE (Haute-Garonne). Ils ont été récupérés par l'entreprise "Destock colis", qui surfe sur la loi anti-gaspillage du 1er janvier 2022, interdisant "l’élimination des invendus non-alimentaires". Pour le particulier, l'achat se fait au poids et à "l'aveugle". En pleine crise économique, la vente a eu un grand succès, avec plusieurs centaines d'acheteurs.


Ils sont des centaines à patienter sous une pluie fine. Tous sont venus participer ce mercredi 1er novembre à la vente éphémère de colis non distribués, organisée dans un hangar de l'avenue des Etats-Unis à Toulouse. Certains, comme Seybane et sa famille, patientent depuis sept heures du matin. "Je cherche des bons plans, vu la crise actuelle. J'espère trouver des habits pour ma fratrie de trois enfants" explique ce père de famille.


Une heure avant l'ouverture de la vente, ils étaient déjà des centaines à attendre, avec l'espoir de faire une bonne affaire. • © Christophe Neidhardt/FTV


10 heures, le hangar ouvre ses portes. Les acheteurs entrent par groupe de vingt personnes, environ. "Messieurs, Dames, il y a beaucoup de monde qui attend dehors, donc on vous demande de choisir vite. Pas plus de 7 minutes par personne" lance l'un des organisateurs de la vente.

Colis vendus au poids DESTOCK COLIS A TOULOUSE-

Le principe est simple : les colis sont vendus au poids. Les prix vont de 5 à 25 euros le paquet. On peut aussi acheter un lot entier, 140 euros les 10 kg. En revanche, interdiction d'ouvrir le colis avant son achat. "C'est une grande loterie, un grand jeu" explique avec un grand sourire Christelle Martinez, qui a monté cette vente avec son mari.

Au total, trois tonnes de colis sont mises en vente ce matin. Un nouvel arrivage d'une tonne et demi est attendu cet après-midi. Cette vente éphémère est prévue sur quatre jours, mais vu le succès de l'opération, elle risque d'être bouclée d'ici demain.



Michel et Sonia sont en quête de chaussures. "J'ai 150 paires de basket chez moi, alors si je peux en trouver de nouvelles, ça sera le bonheur. Au pire des cas, je les revendrais sur internet" explique cet homme au physique de basketteur. "On cherche aussi des habits pour nos enfants" souligne son épouse.


Des centaines de partculiers se sont rués ce matin sur les colis non-ditribués, mis en vente à Toulouse. • © Christophe Neidhardt/FTV


Un peu plus loin dans le hangar, on retrouve Seybane et ses enfants. Ils fouillent dans les centaines de colis étalés sur des tables, des gros cartons ou parfois à même le sol. Le choix du colis se fait au toucher. Peu à peu, ce père de famille remplit le grand carton mis à disposition aux acheteurs, lors de cette vente. "C'est une question de chance, j'espère que je vais trouver des articles intéressants" soupire-t-il. Comme beaucoup d'autres, il va dépenser 140 euros pour dix kilos de colis.

Malgré l'interdiction d'ouvrir les colis, certains ne se gênent pas pour le faire. Discrètement, ils font une petite entaille dans le paquet pour en connaître le contenu. Et le reposer, si le produit ne les intéresse pas. Les organisateurs de la vente en sont conscients. "Tous les paquets ouverts, on les vide et ensuite on va les vendre dans notre boutique dans l'Hérault", explique Christelle Martinez.


Même si c'est interdit, certains colis ont été ouverts et reposés par les clients de cette vente éphémère. • © Christophe Neidhardt/FTV


Loi antigaspillage de 2022

Christelle Martinez et son mari ont ouvert une boutique près de Béziers (Hérault), spécialisée dans la vente de colis non distribués. Un vrai business, puisqu'ils ne sont pas les seuls sur le marché. Ce couple surfe sur la loi antigaspillage entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Ce texte de loi met fin "à l’élimination des invendus non alimentaires". Cette mesure "vise à encourager le don en faveur des associations de lutte contre la précarité et des structures de l’économie sociale et solidaire. À défaut, le recyclage est encouragé."

"C'est une façon de donner une deuxième vie aux objets et de lutter contre le gaspillage. Dans ces colis, on trouve tout ce qui peut être envoyé par internet" explique Christelle Martinez, cofondatrice de l'entreprise "Destock Colis". En y regardant de plus près, on reconnaît des paquets qui ont transité par Amazon, mais il y a aussi du "Shein" (marque de vêtements chinoise, à bas coûts) par exemple, ou nombre de colis non identifiés.

"Ces colis, explique-t-elle, ont été récupérés dans un centre logistique. Au bout d'un an, si personne n'a récupéré ces paquets, ils sont revendus". Dans quel centre logistique, elle et son mari, ont été achetés ces colis ? Et à quel prix ? Mystère, elle n'en dira pas plus.

Smartphone dans un colis

Certains ont-ils de la chance dans ce type de vente ? "Récemment, un homme avait acheté plusieurs colis dans notre boutique. L'après-midi, il est revenu en nous disant qu'il avait trouvé un smartphone dans un des colis. Parfois, on a de la chance" rappelle Christelle.


Seybane et ses enfants sont venus à cette vente, avec l'espoir de trouver des colis intéressants. • © Christophe Neidhardt/FTV


Difficile de savoir si les clients de cette vente éphémère à Toulouse ont eu la main heureuse. Tous sont repartis avec leurs cartons remplis de colis. Des colis qu'ils vont ouvrir chez eux, à l’abri des regards indiscrets.


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